La science « Versus » le coureur

De mon expérience de praticien, exerçant auprès de nombreux coureurs, ceux ci sont une population très spéciale.

Ils pratiquent bien souvent le running seul dans leur coin quand leur agenda trop rempli leur permet. N’ayant pas le temps d’être encadré ils cherchent des recettes, des conseils sur internet où ils ne sont pas toujours bien renseignés. Ils seront particulièrement à l’écoute de leur corps et sensation et essaieront tout un tas de choses de façon plus ou moins empiriques pour améliorer leurs performances ou soigner leur petits bobos.

Le running joule également d’une belle popularité dans les milieux de la recherche scientifique et de très nombreuses études plus ou moins bonnes sont publiées chaque année sur le sujet.

Qu’est ce qu’une étude scientifique? et que cherche t’elle à faire?

On me dit souvent que les études sont du bidon car faites par des vieux dans leur laboratoire complètement coupé du terrain et de la pratique quotidienne. C’est un cliché comme beaucoup d’autres. En pratique une étude scientifique vise à démontrer ou infirmer qu’une chose fonctionne ou non (je reste très réducteur en affirmant cela). Elle peut aussi viser à comprendre ce qui se passe quand on fait une chose ou une autre (par exemple: il y a t’il plus de contraintes mécaniques quand on attaque talon ou mi-pied)

Pour être considéré comme valable un concept sera généralement démontrés par plusieurs études, faites par plusieurs équipes différentes sur des populations (nombre de participants à l’étude) de grande taille et avec une méthodologie tenant la route. Il existe en effet de nombreuses possibilités de biais dans chaque étude, le but est de les éliminer par une méthodologie rigoureuse. En clair, nous cherchons à être sur que l’on démontre bien ce que l’on cherchait à démontrer et pas autre chose ou qu’il n’y ait la possibilité que plusieurs éléments puissent donner ce résultats (sinon comment être sur que X est à l’origine d’un truc si on teste en même temps Y, Z et W..)

Il faut donc prendre en compte que cela s’applique avec des règles statistiques, nous aurons un truc qui va fonctionner sur 80/90% de la population (dans les très bons cas) et ne fonctionnera pas aussi bien sur les autres. Dans ce cas, nous sommes face à quelque chose qui peut être considéré comme fiable ou quasi « vérité » d’un point de vue scientifique.

Les nombreux coureurs que nous, cliniciens, voyons dans nos cabinets peuvent ou non faire parti du groupe « 80% » (c’est à nous de voir et adapter). Ils ont par contre de nombreuses croyances et certitudes, « ils se connaissent par coeur ». La difficulté vient du fait que même en se connaissant, nous sommes très loin de maitriser tous les paramètres. En effet, lors d’une étude, le patient ne sait pas s’il est dans un groupe « témoin », « placebo » ou dans le groupe censé tester ce qui devrait fonctionner. Pourquoi? notre mental peut influer nos résultats. Exemple: si je vous dis avant de courir un 100% de vous étirer et que vous aller courir plus vite, vous avez de très fortes chances de le faire car votre motivation va être décuplé. Si a l’inverse vous savez que vous aller courir moins vite, vous ne donnerez pas le meilleur de vous même et aller donc perturber les résultats..

Il est impossible pour un individu de voir si un truc fonctionne ou pas sur lui. Nous même, praticiens, allons faire plusieurs techniques et interventions sur vos pathologies. Laquelle donne les meilleurs résultats? est ce que cela forcement sur vous, sur votre collègue ou un autre praticien fait la même chose? Sorti du cadre d’une étude il y a énormément de facteurs que nous ne maitrisons pas, aussi bien le patient que le thérapeute. Ce n’est parce que l’on fait « comme ça » depuis 20 ans et que l’on a quelques résultats que cela est forcement bien…

Face à ces études, nous avons les entraineurs, les coachs qui ont à gérer des groupes plus ou moins importants incluant des individus souvent bien different. Il est important que ces professionnels soient bien au courant de l’avancé des études scientifiques tout en gardant leur capacité à individualiser (comme les thérapeutes) les séances et les entrainements. C’est encore une fois un métier complexe.

La science n’est pas contre le coureur, elle vise à améliorer nos pratiques, à remettre en cause les idées reçues, les confronter au grand nombre statistique (qui donc est applicable au plus grand nombre mais pas forcement à chacun)

C’est un monde fascinant qui ne doit pas s’éloigner de l’individu

Mon opinion sur « l’arnaque du courir pieds nus » de runners.fr

Je ne voudrais pas passer pour un grincheux en commentant l’article d’un autre mais quand on provoque, il faut s’attendre à des réactions. La chaleur actuel brouille surement le jugement de certains. Le retour vers le barefoot et le minimalisme n’est pas à la « mode » en france mais est validée de part le monde. La critique est frequente en france, j’avais déjà commenté un article de ruiner’s world sur le sujet annoncant que le minimalisme était mort.

J’ai lu cet article sur le site de runners.fr http://runners.fr/l-arnaque-du-courir-pieds-nus/

Cet article essaye de jouer le jeux du vrai ou faux sur quelques items du barefoot, du pied nu. Il essaye de se baser sur quelques études pas forcement bien comprises ou bien lues.

Prenons cet article point par point:

– Le vrai retour aux origines: outre que l’auteur cherche directement à dénigrer en parlant  » charabia » des amateurs de barefoot. Il essaye de faire une critique constructive des articles de Daniel LIEBERMAN professeur d’anthropologie à l’université d’HARVARD. Les articles de LIEBERMAN sont plutôt bien foutus et cotés, ils font référence depuis des années. Ils mettent justement en avant que l’humain pour survivre a du chasser. Pour cela il a du courir vite et longtemps. Nous sommes physiologiquement et biomécaniquement conçu pour courir vite et longtemps. Notre pied est il si mal fichu qu’il faille l’équiper de chaussures protectrices? Existe t’il une chaussure qui nous fait courir mieux et/ou plus vite? Je rejoins l’auteur sur le fait « qu’un retour à la nature » est surement un argument insuffisant, sauf si la nature vaut mieux que toute la technologie des chaussures.

Je pourrais faire une très longue démonstration sur l’inutilité et les inconvénients de nos chaussures modernes, je vous renvois vers les conférences que Blaise DUBOIS et moi même présentons régulièrement au quebec, et en france. La littérature scientifique est très nombreuse et la tendance est quand meme vers un retour au minimalisme..

 

-idéal pour éviter de se blesser: se limiter à une vieille étude montre qu’on peut être journaliste running sans connaitre toute la littérature scientifique. Elle est nombreuse, il y a une foultitude d’études qui sortent à longueur d’année. Effectivement on a pas prouvé par A plus B que l’on évitait les blessures. Par contre, il y a quand meme une très forte tendance nous montrant l’incidence plutôt négative des chaussures sur le risque de se blesser. Une certitude: les coureurs habitués à courir en minimalistes se blessent moins, c’est quasiment un « gold standard ». Passer trop vite de maximaliste vers le minimalisme entraine des blessures. Le pied nu? il faut comprendre que nos pieds sont dans le monde civilisé surprotégé depuis la petite enfance. Ils perdent la mobilité des articulations du medio-pied et de l’avant pied, ils perdent aussi la force intrinsèque et perdent la capacité de contrôler l’équilibre et l’amorti. Le passage vers le pied nu doit donc être lent, très progressif. Trop rapide cette transition augmente le risque de se blesser (ça aussi c’est prouvé)

Je ne suis donc pas d’accord avec cette affirmation qui s’appui sur un seul élément non probant. Encore une fois les conférences de la clinique du coureur détaillent largement ces aspects avec de nombreuses études de qualité.

Concrètement de mon expérience modeste de clinicien, un coureur qui ne cherche pas à améliorer ses performances et qui n’est pas blessé ne devrait pas forcement penser à changer de maximaliste vers minimaliste ou pied nu. Un débutant devrait apprendre à courir en minimaliste ou pied nu (sous réserve d’un âge plutôt jeune, d’une bonne mobilité du pied, force…). Une personne blessée devrait sous le contrôle de son kinésithérapeute envisager de passer vers le minimalisme.

 

– L’appui au sol se modifie: c’est vrai, même si l’auteur se loupe encore un peu. L’appui medio pied se fait quasi instantanément dès l’abandon des chaussures, quelque soit le coureur. L’attaque medio pied diminue la force d’impact ou plus précisément la vitesse à la laquelle celle ci s’applique sur le pied. Il y a un faisceau d’indice nous amenant vers une diminution des blessures. Je ne sais pas ou l’auteur a trouvé plus d’attaquant talon en tête de peloton puisque toutes les études depuis 30 ans montrent l’inverse. On peut toutefois remarquer qu’une personne attaquant talon n’augmentera que très peu voir pas du tout ses performances. Est ce un argument suffisant pour qualifier le nu pied d’arnaque? L’appui au sol va effectivement aller vers le mi pied, nous allons travailler plus d’équilibre et recréer de la proprioception, du contrôle moteur. Courir de temps en temps pieds nus ou en changeant de type de chaussure va limiter la répétition du même type de vices biomécaniques. La diversité de terrains comme de chaussures (ou l’absence de celle ci) change un peu la foulée ce qui est souvent bénéfique.

 

– Ca permet de courir plus vite: l’auteur met le faux en avant car une étude au japon en 2004 montre que les semi marathoniens attaquent plutôt talon. Encore une fois toutes les autres études montrent plutôt une dominante medio pied en tête de peloton (en sachant qu’à partir de 30km beaucoup repassent vers le talon surement par fatigue et dégradation de foulée) Mais l’auteur confond un peu tout. Il sous entend que l’attaque talon ferait courir plus vite? Il n’y a pas de preuve qu’une foulée talon ou medio pied serait plus rapide. Un changement de foulée ne change pas la vitesse. Les plus rapides sont aujourd’hui medio pied. Par contre une chaussure lourde entraine une surconsommation d’oxygène de l’ordre de 1 à 2%. Cette valeur est faible mais représente des minutes sur un marathon. Plus notre chaussure est légère plus nous serons efficace et donc rapide. N’oubliez pas que le poids des chaussures est à grande distance de la hanche donc avec un grand bras de levier. Plus nous sommes lourds au pied, plus nous perdons de l’énergie.. Il est par contre vrai qu’une chaussure minimaliste garde encore un avantage en terme de performance par rapport à un coureur pied nu (non entrainé dans le sens n’ayant pas une très grande habitude du pied nus)

Mon humble avis est qu’il est préférable pour le coureur ayant grandit sous nos latitudes de passer en minimalistes plus qu’en pied nu.

 

– Il se crée un nouveau business: c’est vrai, mais tout le running est un vaste business comme je l’ai déjà écrit sur ce blog. Est ce donc une arnaque quand d’autres vantent des chaussures surprotectrices de plus de 330G? Tout est business et tout est bon pour vendre.

La science existe, il y a de nombreuses études et données très probantes: tendre vers le pied nu est surement ce que nous devrions tous faire. Je precise « tendre » car je pense que nous devrions aller vers le minimalisme mais pas forcement vers le pied nu car les contraintes restent grande. Le pied nu demande beaucoup de temps d’adaptation et nos pieds et la patience légendaire des coureurs n’y sont peut être pas plus prêt. Doit on qualifier le pied nu d’arnaque? surtout sur la base de ces arguments?

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à venir aux conférences de la clinique du coureur, le sujet y est débattu, expliqué, démontré

Cédric

30 juin 2015

 

 

enfance et course à pied

L’enfance est un moment où l’on court, se dépense. Mais doit on pousser nos enfants à courir? est ce dangereux pour eux? comment faire?

Comment se développe la force d’un enfant?

jusqu’à la pré-adolescence, nous développons notre force par amélioration de notre contraction musculaire. C’est à dire que l’on va améliorer le contrôle du muscle. Le sport est donc une nécessité chez l’enfant car il conditionnera la qualité future de nos contractions musculaires et pourquoi pas de notre équilibre et notre précision. Il existe une croyance qui veut que trop de sport, renforce et empêche de grandir. Ce mythe ne tient pas, un os qui croit sera toujours plus puissant qu’un muscle élastique. D’un point de vue cardio vasculaire un travail précoce prépare un futur radieux.

La course à pied c’est mauvais pour les articulations?

de nombreuses études montrent chez l’adulte qu’il n’y a pas d’incidence de la pratique sur la qualité de nos cartilages. Un enfant en croissance va s’adapter aux contraintes qu’il subit. Aucune démonstration n’a été faite d’une éventuelle influence néfaste du sport sur les cartilages de croissance. Tout est dans une question de modération. En dessous d’une dizaine d’heures de pratique par semaine, il y a peu de chance de se faire mal, abimer les cartilages articulaires ou déclencher des osteochondroses.

La foulée des enfants:

Très souvent nos enfants une foulée superbe avec une belle attaque moyen pied. Je suis persuadé que notre cerveau cherche à bien faire de façon efficace. Les vices biomécaniques ne viendront que plus tard avec de mauvais apprentissages. Ils apprécient marcher pieds nus, leurs pieds sont souples, forts. Les adultes à l’inverse, ont des pieds rigides, peu efficaces, demusclés par des années de port de chaussures rigides et sur protectrices. Bref nous sommes fait pour courir et les enfants ont un gros potentiel.

Quelles chaussures pour les enfants?

les enfants encore une fois ont un pied relativement fort, souple, mobile, efficace. Il parait surement stupide de surproteger ce pied. Les chaussures très (trop) protectrice n’ont pas fait preuve de leur importance ou leur efficacité bien au contraire. On a trop longtemps privilégié des chaussures trop rigides car l’on a cru qu’il fallait maintenir les pieds de l’enfant pour qu’il se développe « bien droit » comme des milliers d’années d’évolution ne suffisaient pas.

On peut penser qu’il faudrait aller le plus possible vers des chaussures minimalistes pour les enfants. Qu’est ce qu’une chaussure minimaliste? une chaussure le plus légère possible (pour limiter le poids avec un grand bras de levier par rapport à la hanche) , le plus souple possible (pour permettre le plus possible aux articulations du pied de travailler) , le moins de talon possible (il est inutile de surprotéger le tendon d’Achille et cela limite ses capacités de rebond, d’elasticité) , le plus mince possible (cela perturbe moins l’équilibre, garanti plus de souplesse..) , laissant le plus de place possible pour les orteils (pour favoriser leur travail et leur adaptation) Ce type de chaussures devraient se porter aussi bien lors de la course, qu’à l’école ou dans tous les moments du quotidien. Il peut être opportun de bien choisir son magasin de chaussures, beaucoup sont mal formés aux problématiques du pied de l’enfant voir de la course à pied. Le site web de la clinique du coureur http://www.lacliniqueducoureur.com répertorie et analyse de nombreuses chaussures y compris pour enfants et offre une aide au choix très appréciable. Comme pour les adultes, choisir la taille de sa chaussure se fera en laissant « un peu de marge », glisser un doigt derrière le talon est un bon indicateur. Essayer les chaussures en fin de journée quand le pied est peut être un peu plus fatigué et commence à s’affaisser un peu et s’allonger peut aussi être une stratégie.

Quel volume d’activité?

Il y a cette mode aux USA où des enfants de plus en plus jeunes courent des distances de plus en plus longues à des vitesses de plus en plus rapides (bien supérieures à celle de l’auteur de cet article) C’est concrètement outrancier, les enfants devraient d’après l’OMS faire une heure d’activité physique par jour dans la joie et le plaisir (nécessaire à maintenir la motivation)

Cela fait partie d’une bonne hygiène de vie pour chaque enfant au meme titre que le repos, une alimentation saine..

Les enfants se blessent peu par rapport aux adultes et en général un peu de repos suffit à traiter tous les soucis.

le running est un sport pour enfant, ils aiment ça, ils vont se balader, decouvrir de beau paysages, gagner des médailles, se dépasser, préparer leur futur physique..

A nous de les accompagner

mon humble avis sur l’article « exprimez la fluidité qui est en vous » de frederic Brigaud

Tout d’abord je vais commencer par exprimer mon respect envers Frederic Brigaud qui est un grand auteur et qui a obtenu une reconnaissance médiatique certaine.

Cet article est paru le 9 juin sur le site d’ultramag et en voici le lien http://www.ultramag.fr/article/2015-06-04-exprimez-la-fluiditee-qui-est-en-vous

Je n’ai pas pour habitude de commenter les travaux des auteurs mais j’ai été pas mal interpellé par une bonne partie de cet article

Quand Frederic Brigaud écrit que l’on ne peut « modeler la forme de nos articulations pour créer de nouveaux mouvements ? Non, ou alors en les détériorant. » on ne peut certes modifier une articulation mais celles ci ont de nombreux axes et possibilités de mouvement. De nombreuses études nous montrent qu’une attitude statique n’est pas prédictive de blessure. On a aussi montré que des mouvements pas nécessairement « dans l’axe » ne sont pas prédictifs de blessure. Les revues de littérature de Pappas (2012) sur le vecteur valgus dynamique et celle de Louw (2014) sur le syndrome fémoro-patellaire ne vont pas dans le sens de cette affirmation.

La demonstration de nous faire tenir sur la pointe des pieds ou les talons un moment et de sentir nos jambiers antérieurs se tétaniser est elle valable? que nous montre t’elle? elle nous montre que les jambiers antérieurs ont moins la capacité de tenir la contraction longtemps. Il est sur que le triceps à plus de force et plus de capacité à tenir la contraction longtemps. Mais au cours de la foulée, combien de temps dure la contraction du jambier antérieur? quelques millisecondes. Cette démonstration est elle pertinente? je ne pense pas. Les attaqueurs talon ont plus de syndrome des loges (pathologie de sur utilisation du jambier antérieur)? non

Frederic Brigaud nous dit aussi que le jambier antérieur est fléchisseur de la cheville ce qui serait un problème lors de l’attaque talon. C’est vrai sur un mode concentrique. Mais lors de la foulée le jambier antérieur travaille en excentrique, c’est à dire qu’il va freiner le mouvement, il va lorsque le talon va toucher le sol « ralentir » la chute des orteils vers le sol. On peut aussi ajouter que de nombreuses études nous montre un travail du jambier antérieur même lors d’une attaque mi pied ou avant pied.

Il nous dit aussi que l’attaque avant pied va solliciter le mollet et donc limiter la flexion du genou et donc le travail du quadriceps. Est ce que le travail du quadriceps est un problème? c’est un muscle fort. La flexion du genou et le travail du quadriceps participent à l’amorti de l’impact et le travail élastique du quadriceps va permettre un meilleur running economy et plus de puissance en propulsion. En fléchissant le genou, on emmagasine de l’énergie dans le quadriceps qui va être restituée lors de la propulsion.

On peut enfin disserter sur la définition du medio-pied et de l’avant-pied, mais le contact sur la tête des métatarsien reste ce que l’on appelle un contact medio-pied quand un contact sur les orteils sera définie comme attaque avant pied.

Je suis quand même d’accord sur le fait que le pied évolue par rapport au sol vers la pronation au cours de la foulée et qu’un travail pied nu sera à favoriser pour engendrer des réactions d’équilibre et de contrôle.

Nous sommes aussi d’accord qu’une foulée efficace et protectrice prend du temps de travail et que ça ne s’apprend pas sur la page d’un blog ou sur Facebook 😉

 

tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le gainage

Nous parlons souvent gainage mais concrètement qu’est ce que c’est? à quoi ça sert? en quoi cela améliore t’il (ou pas) mon running form? est ce que je vais perdre du ventre avec ça?

Qu’est ce que le gainage?

Le gainage est le travail des muscles de la sangle abdominale, ce que les anglais appelleront le core training (pour l’entrainement) ou core stability (pour la fonction). Ce travail musculaire vise à stabiliser la colonne vertébral qui est un empilement qui ne tient pas tout seul. Les muscles absorberont de plus une partie des contraintes mécaniques du quotidien et de la pratique sportive. Un mauvais gainage serait susceptible d’engendrer des douleurs et pathologies du rachis mais aussi des articulations du membre inférieur. Un gainage efficace est reconnu comme technique de rééducation du rachis mais aussi comme un outil améliorant la performance sportive. Le tronc est en effet partie prenante de notre technique de course. Il est le lien entre nos jambes cadencées et nos bras qui cherchent à compenser ce mouvement. Il va se créer de petites rotations dans le tronc qui devront être contrôlées lors de la course.

Est ce que je vais perdre du ventre en travaillant mes abdominaux et autres muscles de la sangle abdominale?

aujourd’hui on considère (peut être à tort) qu’un IMC supérieur à 25 nous place en surpoids et en obésité sur supérieur à 30. Les problématique de surpoids sont de plus en plus présente dans notre société car elles ont un lien sur notre santé.

Est ce que l’IMC est un bon indicateur de notre surpoids? je ne pense pas. Un individu sportif aura vite un IMC supérieur à 25 et pourtant sa santé ne sera pas forcement mauvaise. Il faudrait peut être mieux considérer les indices de masse grasse.

On recommande souvent les activités d’aérobie pour perdre du poids. Il se dit qu’il faudrait plus de 30/40 pour mettre en route les filières énergétiques consommant nos graisses. Un entrainement musculaire va mobiliser la graisse viscérale chez les hommes et les femmes, tout en augmentant la masse maigre et en améliorant la sensibilité à l’insuline.

Il y a une croyance qui dit que l’on perd de la graisse là où l’on travaille les muscles. Concrètement travailler les abdominaux pour perdre du ventre.

Une étude de 2015 nous montre que les exercices ciblant les abdominaux n’amènent aucune perte de masse grasse, ni sur le ventre ni ailleurs. Il semble si l’on veut perdre de la masse grasse les programmes en haute intensité en fractionné soient les plus efficaces. On peut penser qu’ils consomment plus d’énergie. Il semble aussi que même des efforts courts consomment de la masse grasse. Concrètement la forte intensité va mobiliser toutes les énergies possibles donc nous puiserons aussi dans la masse grasse. Mais nous ne pouvons cibler l’endroit ou l’organisme va aller puiser cette réserve d’énergie.

Une étude récente publié dans le british journal of médecine montre qu’un même programme pratiqué seul chez soi est moins efficace que pratiqué sous le contrôle d’un professionnel de santé.

On trouve de nombreuses études qui nous montre l’effet bénéfique d’un travail de la sangle abdominale sur l’amélioration de la performance chez le coureur

 

Concrètement mettez vous à travailler vos sangles abdominales pour améliorer votre foulée, réduire vos blessures et douleurs du dos, des membres inférieurs.

Si votre objectif est la perte de poids, le travail des abdominaux ne sera pas suffisant, vous aurez tout au mieux une sangle abdominale tonique. Pour éliminer la graisse, visez plutôt l’entrainement en fractionné.

references bibliographiques :

  1. Kordi R, Dehghani S, Noormohammadpour P, Rostami M and Mansournia MA. Effect of abdominal resistance exercise on abdominal subcutaneous fat of obese women : A randomized controlled trial using ultrasound imaging assessments. J Manipulative Physiol Ther 38 (3) : 203-209, 2015.
  2. Kibler WB, Press J, Sciascia A. The role of core stability in athletic function. Sports Med 2006;36:189–98.
  3. Ebenbichler GR, Oddsson LI, Kollmitzer J, et al. Sensory-motor control of the lower back: implications for rehabilitation. Med Sci Sports Exerc 2001;33:1889–98.
  4. Hodges PW, Richardson CA. Delayed postural contraction of transversus abdominis 
in low back pain associated with movement of the lower limb. J Spinal Disord 
1998;11:46–56.
  5. Ireland ML, Willson JD, Ballantyne BT, et al. Hip strength in females with and 
without patellofemoral pain. J Orthop Sports Phys Ther 2003;33:671–6.
  6. Leetun DT, Ireland ML, Willson JD, et al. Core stability measures as risk factors for 
lower extremity injury in athletes. Med Sci Sports Exerc 2004;36:926–34.
  7. Chuter VH, Janse de Jonge XA. Proximal and distal contributions to lower extremity 
injury: a review of the literature. Gait Posture 2012;36:7–15.
    ….

Un outil de prescription d’exercice qui facilite mon quotidien de kinésithérapeute

Outil de prescription d’exercice qui facilite ma vie de kiné

Voici une récente découverte que je souhaitais partager aux kinés et professionnels de la santé qui comme moi prescrivent des exercices.

Je prescrivais jusqu’à maintenant mes exercices sous forme papier avec une description écrite et un petit schéma à mes patients. Bien que cette formule ait toujours été ce qu’il y a de plus simple pour moi et de plus rapide – quand on considère la complexité de certains outils de prescription – je ne suis pas un grand dessinateur (et c’est pas faute d’avoir essayé !) et je me suis rendu compte avec l’expérience que beaucoup de personnes perçoivent mieux les choses lorsqu’elles les voient et en entendent les consignes.

Je suis en dehors de mon travail un véritable geek et l’idée de migrer sous un format vidéo est naturellement venue à moi. J’ai donc pensé à utiliser mes outils personnels comme mon Ipad pour filmer mes patients pendant qu’ils réalisent leurs exercices, mais j’ai été vite freiné par les nombreux désavantages que cela causait : la taille des vidéos trop lourde, les problèmes de sécurité et de confidentialité des données des patients… J’aime la technologie, mais la technologie doit pour moi être simple, intuitive, efficace…

C’est là que j’ai découvert la solution Phydeo, une application inventée par une société québécoise qui permet de façon très simple de prescrire des exercices via une solution vidéo intégrée : vous ouvrez l’application, filmez votre patient pendant qu’il réalise son exercice, entrez l’adresse email de votre patient et cliquez sur envoyer. Votre patient de son côté reçoit un lien dans sa boîte email, il clique et le tour est joué ! Il tombe sur une page personnalisée avec votre logo, photo et vos informations, et les vidéos de ses exercices.

Simplicité, efficacité : c’est tout ce que je retrouve avec Phydeo. Je partage en moins de 15 secondes à mes patients les exercices que je veux qu’ils réalisent chez eux et j’optimise par là la qualité de ma prise en charge et raccourcis les délais de récupération. Le patient s’implique plus dans sa prise en charge grâce aux vidéos des exercices que je lui envoie.

Pour ceux qui sont intéressés, vous avez 30 jours d’essai gratuit. Ensuite vous pouvez soit continuer à utiliser la version gratuite de l’appli avec la publicité ou passer à la version Premium pour 7€ par mois.

Pour visionner la vidéo de démonstration de Phydeo : https://vimeo.com/107599606

Pour en savoir plus : https://phydeo.com/fr/

Télécharger l’application :

Android : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.phydeo.android

iOS : https://itunes.apple.com/us/app/phydeo/id924945824?l=fr&ls=1&mt=8

Prise en charge des osteochondroses

Cet article est basé sur la communication que j’ai faite au congrès annuel de la SIFMED à paris le 11 avril 2015.

Qu’est ce qu’une osteochondrose?

La definition de Siffert est : les osteochondroses sont l’ensemble des troubles d’ossification des cartilages de croissance et des cartilages articulaires (autre que tumoraux et infectieux). C’est une pathologie du sport de l’enfant.
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la courbature

Qu’est ce qu’une courbature?

Aussi appelée DOMS (delayed onset muscle soreness) c est selon la classification des lésions musculaires une douleur musculaire sans lésion anatomique. Ce point est partiellement vrai, des examens sanguins et echographique montrent qu il y a eu une destruction de fibres musculaires. Nous sommes dans la micro lésions. Néanmoins, le muscle présente une incapacité à reproduire sa force maximale.
Il est fréquent voir systématique d identifier des efforts maximaux avec un mode excentrique avant l apparition de ces courbatures.
Elle survient en général à partir de 6 à 8 heures après un effort. Elle est spontanément resorbable dans les 3 à 5jours.
L’article est basé sur une interview que j’ai donné au site Ruiner’s world france

Article sur le site de runner’s world

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La tendinopathie d’Achille

La tendinopathie du tendon d’Achille est une pathologie classique du coureur, elle trouve sa cause dans de nombreux facteurs:

– entrainement incluant souvent trop de fractionné ou de cotes

– mauvais chaussage ou changement de type de chaussure trop brutal

– compression du tendon (chaussure, etirements…)

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