Le marathon en moins de deux heures?

2017 sera peut etre l’année du passage de la barre des deux heures pour le marathon.

L’actuel record de 2:02:57 date de 2014. De nombreux scientifiques estiment qu’il faudra encore de nombreuses années avant de pouvoir gagner ces 2,5% de vitesse en plus. Il faudra pour celà reduire le cout métabolique de 2,7%. Gardons à l’esprit que nous sommes deja dans du hors norme, ce gain est une montagne à gravir.

Hoogkamer vient de sortir un excellent article faisant le tour de la question

Les physiologistes pensent qu’il faudra au minimum avoir une VO2max de 90 mL 02/kg/min ou de 84 si l’on a un seuil lactique de 85% de la VO2max et un running economy de 181 mL O2/kg/km.

Il est possible d’obtenir un gain très substanciel en terme de resistance aérodynamique si l’on dispose d’un « lièvre » courant devant soit à environ 1m. Ce phénomène s’apelle le drafting. On peut supposer que si c’etait le cas tout au long de la course, il serait assez « facile » d’obtenir le gain necessaire à passer sous les deux heures. Néanmoins il est compliqué d’avoir un « lièvre » capable de tenir tout le marathon. Il est officiellement interdit d’avoir un lièvre qui nous rejoint en court d’epreuve. Il est toutefois possible d’avoir une strategie d’equipe se relayant pour creer une ecran aerodynamique. Néanmoins il faudra trouver plusieurs coureurs capable de tenir le rythme et acceptant ce role ingrat. 

Une partie non négligeable du cout energetique de la course provient du support du poids du coureur. Un coureur le plus affuté possible sera donc indispensable, le suivit diététique devra etre optimisé. Il est possible d’avoir une stratégie visant à laisser le coureur se deshydrater dans des limites controler afin de gagner du poids sans compromettre ses performances ni sa santé. Hailé avait ainsi enregistré une perte de poids d’environ 8% lors de son record au marathon. Il serait possible de le courir proche de l’equateur ou la gravité est legerement plus faible. Néanmoins, les conditions de chaleur rendent plus difficile la recherche de perfomance, la thermoregulation sera alors plus compliquée.

On pourra esperer un vent arrière poussant le coureur. Neanmoins si l’on regarde les reglements de l’IAAF, un marathon doit avoir sa ligne de depart et d’arrivée située au maximum à 21,1km l’un de l’autre. Donc il n’est pas possible d’envisager tout un marathon avec un vent arrière. Au mieux il pourrait en fonction du parcours proffiter d’un vent arrière sur certaines zones et avoir des zones masquées/protégées. Les limites de vitesses du vent ne s’appliquent que pour les epreuves de sprint. 

Un parcours en descente pourrait etre un element interessant pour permettre de battre le record. Gardons à l’esprit qu’une trop forte pente necessiterait une surconsommation d’energie.

D’un point de vue anatomique, un segment jambier et des pieds legers entrainent une diminution du cout energetique. On retrouve cette particularité (des mollets très fins et legers) chez les coureurs d’afrique de l’est. Cela est du à la distance entre la hanche et le pied creant un grand bras de levier.

Dans cette logique, plus la chaussure sera légère moins nous consommerons d’energie. Un gain d’une centaine de grammes sur les chaussures dont Kimetto s’etait servi pour son record du monde entrainerait un gain d’environ 1minute sur le marathon pour ces coureurs. Ses chaussures pesaient 244g

Pourquoi pas pieds nus alors? Certains chercheurs ont evoqués le « cout du coussinage » le pied nu doit avoir un effort musculaire plus important pour assurer l’amortissement. Il faut trouver le bon ratio entre poids de la chaussure et economie d’energie lié au coussinage. La rigidité de la semelle aura aussi son importance. Une semelle trop souple ou trop rigide entraineront une augmentation du running economy de 0.8%, l’idéal se situant autour de 38N/mm. La chaussure idéale sera donc légère avec une semelle juste ce qu’il faut rigide. La chaussure ne doit pas tomber dans la catégorie de l’aide technique sous peine d’etre invalidée pour toute tentative de record.
Et en pratique?

Le projet de Nike se deroulera sur le circuit automobile de Monza en Italie. Il se fera une boucle d’un peu plus de 2km (très vraissemblablement très plate, mais est ce vraiment la conception que l’on se fait d’un marathon?) avec des « lièvres » (qui pour que le record soit homologué ne devront pas rejoindre le coureur en court d’epreuve). Ils seront équipés de chaussure de 185g integrant une lame carbone dans la semelle. Cette chaussure parait un peu « lourde », une quarantaine de g en moins aurait été un plus. La lame de carbone intégrée pourrait etre « retoqué » par l’IAAF comme aide technique.

Dans l’absolu, il parait donc envisageable de passer sous les deux heures, si l’on respecte toutes les regles cela sera un peu plus compliqué. L’exploit se fera, les enjeux commerciaux sont enormes pour nike (et adidas qui a aussi lancé son projet) car l’exposition médiatique sera maximale. Les données collectées permettront peut etre de faire avancer la recherche scientifique.